Résumé :

Pangée, terre immense au milieu de l’océan unique, continent de terre sèche et d’embruns où vit le peuple de Ghiom, dont l’histoire, en ce jour de la dixième chasse à l’Odalim, bascule.

Les Grands de Pangée ont parlé : le monstre marin doit mourir. Pour la paix. Pour l’ordre. Pour la promesse d’une nouvelle ère faste à venir, dans ce monde rongé par les mésalliances et les guerres fratricides.

Pourtant, quand les Nefs s’engagent sur l’Océan, une seule question demeure : si la traque échoue, si l’Odalim survit, si l’union faillit, les enfants de Pangée se dévoreront-ils ? Cette dixième chasse ne serait-elle alors qu’un chant du cygne ?

Le peuple de Pangée vit au rythme des cycles. Un cycle dure 25 ans et commence par la chasse. Cette dernière détermine comment se déroulera le cycle. Si c’est une réussite alors ce sera un bon cycle. Mais si la chasse échoue, si l’Odalim, le maître des eaux, arrive à vaincre les nefs, alors les guerres, les famines attendront le peuple de Pangée. Et c’est justement tout le problème en ce début d’histoire. La 9e chasse a échoué. Il faut donc préparer la suivante. Parce que si celle-là échoue également, ce ne sera pas qu’un seul cycle de malheur qui attendra Pangée.

Au cours de ce récit, nous avons l’occasion de suivre plusieurs personnages, chacun ayant son rôle dans l’histoire. Je dois avouer qu’au début, j’ai eu un peu de mal à me mettre dedans. Mais une fois que j’ai pu accrocher à l’histoire, impossible de m’en défaire. Je dirai que ce livre est une véritable merveille. Les différents personnages sont très travaillés, qu’on les aime ou non, on est obligés d’adhérer. Même la culture de ce peuple a été réfléchie et plutôt bien pensée.

Le monde va changer. Mais peut-être pas comme on l’attendait. À l’aube de ce nouveau jour, chacun se bat pour ses croyances, ses principes. Et c’est très bien fait. Parce qu’on comprend les différents personnages, on s’imagine à leur place avec leurs décisions, par forcément facile à prendre. Disputé entre ce qu’on croit savoir et ce qu’on nous montre.

Et au final, ce livre qui n’était, pour moi, qu’un moyen d’évasion m’a fait beaucoup réfléchir. Qu’est-ce que les différences ? La peur vient de ce qu’on ne connaît pas. On croit savoir, alors ça suffit. Mais peut-être que si on acceptait de voir au-delà de ces différences, juste apprendre à comprendre l’autre, nous n’aurions pas besoin de nous détruire mais qu’on pourrait apprendre à vivre ensemble.

Le seul reproche que je pourrais faire c’est que les marqueurs du temps ne sont pas assez prononcés. De temps en temps, une référence apparaît mais la plupart du temps, on ne sait pas combien de temps s’écoule. Et pourtant, des mois voire des années sont passés.

En somme, je suis complètement sous le charme de cette histoire. J’ai laissé avec regret tous ces personnages. L’histoire est terminée mais toutes les fins ne sont pas connues, pas officiellement. Et là où ça me chagrine habituellement, j’ai trouvé que c’était juste génial. Comme le dit Hammassi, « les conteurs ne mentent jamais. Ils ferment les yeux et donnent le récit qui ne peut être autre ».

Note globale : 9/10

©Elwee

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